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Sasseville Pierre

Pierre Sasseville

Artiste contemporain
Arts, 1997

Les deux cerfs égarés devant le Centre Vidéotron. Le gros œil qui dévisage les touristes sur la place des Canotiers, dans le Vieux-Québec. Le stéthoscope géant qui prend le pouls du Centre universitaire de santé McGill. Toutes ces installations d’art public sont sorties de l’imaginaire du duo Cooke-Sasseville, dont la moitié a été formée au Département des arts.

Habile en dessin, Pierre Sasseville a eu sa première rencontre avec la sculpture au Cégep. « J’y ai vécu mes premières expérimentations de la ligne dans l’espace, avec des tiges d’acier. À 17 ans, j’étais trop jeune pour avoir une signature, mais mon style était déjà socialement engagé. C’est à partir de là que j’ai décidé de pousser plus loin ma recherche artistique », raconte le natif de Québec, qui a par la suite enfilé son baccalauréat et sa maitrise en arts visuels à l’Université Laval.

C’est sur ce campus que Pierre Sasseville a rencontré son complice créatif, Jean-François Cooke. Depuis 2000, la paire a réalisé pas moins de 26 œuvres d’art public au Canada, autant pour le gouvernement que pour des municipalités. Tranchant dans le décor, ses installations ludiques et irrévérencieuses ne laissent personne indifférent. « Nous aimons jouer à la fois la carte de la séduction et celle de la répulsion. Il y a toujours un double, voire un triple discours derrière nos créations », explique le lauréat d’un Mérite d’architecture de la Ville de Québec pour La rencontre, ces deux faons en bronze qui habitent devant le nouvel amphithéâtre.

Si Pierre Sasseville penche vers l’art public, c’est d’abord pour pouvoir arriver à vivre de son travail. « L’art public nous donne la chance de créer avec des budgets et des matières que nous ne pourrions pas nous offrir autrement. Le côté intrusif de l’art qui sort des institutions pour côtoyer les gens nous plait bien également. Nous aimons défier les conventions. »

Aux deux ou trois ans, le duo monte pour les musées une exposition d’œuvres plus personnelles, toujours porteuses d’un propos fort. Il a également signé la scénographie de la dernière pièce de théâtre de Fabien Cloutier.