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Pomerleau Heidie

Heidie Pomerleau

Vétérinaire et propriétaire d'une clinique
Lettres, 1999

L’éloge de la ligne courbe : c’est le titre que pourrait porter la biographie de Heidie Pomerleau. Le livre relaterait, en plusieurs chapitres farcis de métaphores poétiques et de revirements inattendus, l’histoire d’une passionnée de culture qui voulait devenir journaliste, mais qui est finalement devenue… vétérinaire.

La journée de congé parfaite de Heidie Pomerleau s’est toujours résumée à une chaise sur la galerie et à une pile de bouquins. Plus jeune, elle engloutissait autant les Sélection du Reader’s Digest de ses parents que des romans denses. Cette lectrice compulsive avait même développé différentes techniques pour tenir les briques dans son lit. « Je me suis tellement déchiré les yeux! » reconnait celle qui gobe encore deux ou trois livres par semaine.

C’est pourtant en Sciences pures que la Louperivoise s’est d’abord inscrite au Cégep. « Comme j’étais très, très bonne à l’école, tout le monde m’encourageait à me diriger vers un métier qui exigeait d’avoir d’excellentes notes. Après les premiers examens, j’ai lâché mes cours. Je détestais la physique pour mourir! »

N’écoutant que son cœur, elle s’est alors retrouvée en Lettres et langues. Premier virage réussi. « J’ai tripé ma vie! Je n’ai jamais considéré que j’étudiais, tant dans les passionnantes classes d’espagnol de René Gingras que les cours de littérature de Richard Lévesque. Mon cours d’histoire de l’art avec François Gravel est gravé dans ma mémoire. Je buvais tellement ses paroles que j’ai terminé avec une note de 99 %. »

Inscrite ensuite en communications à l’Université Laval, cette fille ultrarationnelle et exigeante a vite déchanté... « Je ne trouvais pas le programme stimulant et je ne me reconnaissais pas dans le groupe d’étudiants », explique celle qui s’est alors soumise à une profonde remise en question.

L’admiratrice de Zola et de Troyat a finalement reconnu qu’elle cultivait une autre passion. À égalité avec les mots, il y avait les animaux : « Je pense à des chats et je salive. Je les aime tellement! »

La première de classe a donc choisi de se réorienter vers la médecine vétérinaire. Nouveau virage à 180 degrés. Avant d’entrer dans ce programme parmi les plus contingentés, elle devrait toutefois réussir ses cours de physique et réaliser une année au baccalauréat en psychologie pour étoffer son dossier.

En 2008, après cinq années de réclusion sur le campus de Saint-Hyacinthe, Heidie Pomerleau obtenait son doctorat de l’Université de Montréal. Cinq ans après son retour à Rivière-du-Loup, cette fille d’entrepreneurs rachetait une partie de la clinique de son employeur pour ouvrir son propre hôpital pour animaux domestiques, qui emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes.

« Dans la vie, on a le droit de changer d’idée. Les jeunes doivent savoir que c’est correct de se tromper et de ne pas choisir la bonne affaire du premier coup. Toutes mes études me servent aujourd’hui. Je ne suis toutefois pas la fille d’un seul métier. Je ne serai probablement pas vétérinaire toute ma vie », admet celle qui n’en est pas à un zigzag près.

Et peut-être bien qu’un jour on se déchirera les yeux à lire un de ses livres sur la galerie...