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Michaud Marie

Marie Michaud

Comédienne
Lettres, 1976

Dans les années 1980, Marie Michaud a donné 350 représentations de La trilogie des dragons dans une quinzaine de pays, au bras d’un jeune Robert Lepage. Dans les années 2000, elle est repartie faire un tour de globe avec le même partenaire, cette fois sur le dos du Dragon bleu, qu’elle avait coécrit. En quatre décennies de scène, elle s’est aussi mis en bouche les textes de Shakespeare et Tremblay, Tchekhov et Meunier.

C’est pourtant au Cégep de Rivière-du-Loup que la fille du quartier Saint-François a grimpé sur les planches pour la première fois. C’est grâce à son cinéclub que cette étudiante curieuse a découvert les films d’auteur, tous ceux de Jodorowsky notamment.

« Tout un monde s’est ouvert à moi au Cégep. J’arrivais dans les premières années, alors que nous avions tous le sentiment de participer à une révolution du monde de l’éducation. C’était un milieu très effervescent. J’y ai découvert ce qui est ensuite devenu ma vie. Sans le Cégep, ma vie aurait été bien plate », déclare celle qui travaillait à l’époque comme secrétaire dans une clinique de santé. Son frère Jean-Paul, alors responsable de l’information scolaire et professionnelle au Cégep, avait convaincu ses parents de laisser la cadette poursuivre ses études.

Même si elle endossait des rôles après l’école et dansait dans la troupe folklorique La Carole la fin de semaine, l’étudiante en Lettres ne rêvait pas d’une carrière sur la scène. Fière de faire partie de la première vague de femmes à entrer à l’université, cette passionnée de cultures s’est inscrite en anthropologie à l’Université Laval.

Les projecteurs l’ont vite rattrapée. Dès son baccalauréat en poche, encouragée par ses amis, elle le déposait dans un tiroir et entrait au Conservatoire d’art dramatique de Québec. C’est là qu’elle a rencontré le metteur en scène Robert Lepage. La suite est connue. « Nous pensions jouer La trilogie des dragons une seule fois. Par une série d’heureux hasards, nous nous sommes embarqués dans une aventure qui dépasse l’imagination. »

Cet épisode plus grand que nature a mis la table à la faste carrière de la lumineuse actrice, une carrière passée entre les rideaux de scène et les bandes de patinoire. Pendant vingt ans, elle a de fait brillé sur la glace de la Ligue nationale d’improvisation. « J’ai voyagé beaucoup pour la LNI. Ma valise est toujours sur le bord de la porte. J’ai un karma pour les grandes tournées. »

Vue dernièrement dans les téléromans Mémoires vives et Destinées, la comédienne s’apprête justement à reprendre la route avec la pièce Comment je suis devenu musulman, de Simon Boudreault. À 61 ans, elle reste toujours disponible pour de nouvelles aventures. « La retraite n’est pas un mot qui existe dans notre milieu. On prend des pauses, mais on n’accroche jamais nos patins. »

Sa valise n’est jamais bien loin non plus pour revenir dans son port d’attache, quand une pause s’impose, pour saluer sa famille et ce fleuve qui lui manquent.