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Firth Daniel

Daniel Firth

Danseur contemporain
Arts, option danse, 1988

Le programme préuniversitaire en danse n’a pas fait long feu. Seules deux cohortes d’étudiants ont reçu leur diplôme, à la fin des années 1980. Cet épisode de la vie collégiale fut bref, mais il fut juste assez long pour voir éclore l’un des interprètes les plus prolifiques de la scène québécoise. Au sein de la troupe Montréal Danse et avec une longue liste de chorégraphes indépendants, Daniel Firth a pointé le pied sur trois continents pendant une carrière de près de trente ans.

Le gymnaste de Matapédia pratiquait le ballet classique depuis un an quand il est arrivé à Rivière-du-Loup. « Même si elle était nouvelle, la formation était vraiment solide. Nous avions un entrainement tous les jours. Ces études exigeantes m’ont donné des bases fortes, qui m’ont permis ensuite d’être sélectionné à la fois pour l’École supérieure de danse du Québec et le National Ballet à Toronto. »

Ce crochet a été salutaire pour Daniel Firth, qui y a puisé sa confiance, à une époque où les hommes étaient presque invisibles dans les studios. « Mes études collégiales ont changé ma vie. Elles m’ont permis de confirmer que je pourrais réellement faire de la danse mon métier. Je sentais tout l’espoir que fondaient en moi les enseignants, dont la responsable du programme, Marie Alexandre. J’ai eu envie de mettre l’effort qu’il fallait pour réussir », se remémore cet illustre membre de la défunte Compagnie de danse de Rivière-du-Loup.

Après un passage à l’École supérieure, où il n’a pas trouvé chausson à son pied, Daniel Firth a bifurqué vers la danse contemporaine. Avant même la fin de ses études aux Ateliers de danse moderne de Montréal, l’interprète était recruté par la troupe Montréal Danse, à qui il a prêté corps et art pendant 15 ans, se produisant en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis. « Nul n’est prophète en son pays. Au Québec, hors de la métropole, la danse était difficile à vendre, alors qu’en Colombie, on nous attendait avec des posters! »

En 2005, après deux opérations aux genoux, l’ancien professeur à l’École nationale du cirque a annoncé sa retraite, à 32 ans. Alors qu’il venait de se recycler en massothérapie, il s’est finalement laissé convaincre de retrouver la scène aux côtés de la chorégraphe montréalaise Jane Mappin, avec qui il a rempilé pour une séquence de 15 ans. Son rôle dans la pièce Lewis et Lucie l’a même mené à une nomination pour l’interprète masculin de l’année au Canada, en 2015.

En novembre 2018, à près de 50 ans, Daniel Firth retrouvait sa Gaspésie pour une vraie retraite des planches. « Cette fois devrait être la bonne. Je ne pourrai jamais arrêter complètement de bouger ni de m’exprimer. Mais sur la scène, j’ai donné ce que j’avais à donner. »

Lui, il aura fait long feu.