1969-2019 home
Duval Marie-Chloé

Marie-Chloé Duval

Artiste peintre
Sciences humaines, 2010

L’agenda étudiant de Marie-Chloé Duval n’avait pas qu’une fonction utilitaire. Les colonnes datées étaient autant de toiles blanches à décorer aux marqueurs fluorescents. « Je gribouillais beaucoup dans mon agenda. J’avais le souci qu’il soit joli et esthétique. »

Il y a des signes qui ne trompent pas. Ses amies du cégep aiment lui souligner ce premier signe avant-coureur du virus artistique qui piquerait plus tard, dans le détour, la native de Saint-Pascal.

Inspirée entre autres par ses cours de sociologie avec Jean Dumais, Marie-Chloé Duval voulait devenir chercheuse en criminologie. Entre son baccalauréat et sa maitrise à l’Université de Montréal, elle s’est toutefois permis un temps d’arrêt. Ce pas de recul l’a amenée à descendre dans la cave de ses parents pour jouer avec de vieux pots de peinture et des planches de bois. Une étincelle s’est allumée. Le pinceau l’a piquée droit au cœur.

Deux ans et plusieurs expérimentations artistiques plus tard, alors qu’elle se préparait à aller faire son doctorat à Chicago, elle décidait de mettre en veilleuse l’étude des grands procès et de se plonger à temps plein dans son projet. Ses tableaux dramatiques en noir et blanc suscitent maintenant l’admiration des collectionneurs d’ici et d’ailleurs.

« L’art et la criminologie se ressemblent, au fond. Ils me servent tous les deux à étudier l’humain, à réfléchir sur ses connexions avec les autres. Au lieu d’écrire un article scientifique sur le sujet, je le peins. Ma tribune est plus libre et plus large », soutient la jeune artiste, dont les œuvres ornent les étiquettes de deux produits de la Distillerie Fils du Roy.

De retour d’une résidence de création en Finlande, la Montréalaise d’adoption est partie en mission exploratoire en France le printemps dernier avec une délégation de la Fondation de l’entrepreneurship. Sa valise pesait plus lourd au retour, avec, entre les piles de vêtements, une invitation à exposer et un projet de réalité augmentée. « J’ai besoin de voyager pour me déstabiliser, me pousser à la réflexion. C’est vraiment nécessaire dans mon cheminement. Mon environnement influence beaucoup ma création », souligne la bourlingueuse, qui a aussi visité l’Inde, l’Estonie et la Russie depuis le début de l’année.

L’environnement qu’elle préfère, toutefois, demeure le Kamouraska, où elle continue de participer activement à la vie culturelle. Au cours des prochains mois, elle pendra la crémaillère de son nouvel atelier, trois fois plus grand, et montera des expositions pour Saint-Jean-Port-Joli et Denver.

Dans l’agenda de Marie-Chloé Duval, il n’y a plus seulement des traits multicolores. Dans les petites cases, il y a surtout des toiles à accrocher et des rêves à décrocher.