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Dumas Martin

Martin Dumas

Avocat, chercheur et professeur en relations industrielles
Sciences de la nature, 1989

On évalue à 400 millions le nombre d’enfants forcés de travailler dans le monde. Pour Martin Dumas, comme pour bien des Terriens, il s’agit d’un problème colossal auquel il faut s’attaquer. Lui, il s’y attaque. Pour vrai.

Cet avocat, qui a retiré sa toge pour revêtir son habit de Robin des Bois il y a dix ans, estime que le monde a besoin d’être changé, et vite, avant que les injustices sociales ne créent des cratères infranchissables.

Après avoir pratiqué le droit des affaires pendant cinq ans et occupé un « boulot de rêve » comme conseiller international au secrétariat de l’ALENA à Washington de 2002 à 2005, il est arrivé à la conclusion qu’il ne fallait pas attendre l’État pour développer un modèle de société durable : « J’ai vu les limites du système et réalisé que la solution à plusieurs des problèmes sociaux ne passe pas par l’État. »

La solution, selon ce maitre-penseur, passe plutôt par la consumocratie, soit le pouvoir des consommateurs. « Acheter, c’est juger. Les consommateurs ont le pouvoir de porter une sanction sur les organisations qui fournissent les biens. Il faut faire appel au marketing sociétal et valoriser ce qui est bon pour autrui et non seulement pour soi-même », exprime le chercheur, qui a passé la dernière année en Colombie-Britannique pour rédiger un ouvrage sur le sujet.

Son cheval de bataille, il l’a trouvé à la faveur d’une bourse de la Fondation du Commonwealth obtenue pour son doctorat à la très prestigieuse London School of Economics and Political Sciences. Loin de Cacouna et Notre-Dame-du-Portage, où il a grandi, il a mené des travaux révolutionnaires qui ont permis de développer une plateforme pour mieux encadrer le travail des enfants en Inde, grâce aux pressions du marché.

Professeur au Département des relations industrielles de l’Université Laval depuis 2009, où il codirige le Laboratoire interdisciplinaire de la responsabilité sociale des entreprises, il ne savait pourtant pas dans quel domaine se diriger au Cégep. « J’étais déchiré entre la littérature et les mathématiques. Le droit m’apparaissait à la jonction des deux disciplines », explique celui qui a d’abord obtenu son baccalauréat en relations industrielles et sa maitrise en économie, avant de plonger tête première dans le droit.

Les plus beaux souvenirs collégiaux de cet élève studieux et solidaires se rattachent à ses participations aux Expo-Sciences. Avec son camarade Richard Bois, il s’est classé en 8e place à la la finale panquébécoise tenue au Stade de la Cité des jeunes en 1989 et a représenté le Cégep deux fois aux finales nationales et internationales avec des kiosques portant sur les ondes du cerveau et la vie extraterrestre. « L’Expo-Sciences était une initiative extraordinaire, qui nous éveillait à la recherche. On a voyagé et rapporté des cadeaux. J’ai même visité Paris avant mes parents. C’était fantastique! »

Parmi ses souvenirs, il y a aussi la fois où il a remplacé le carillon de la bibliothèque par une cassette de musique heavy métal… Un adolescent a bien le droit de s’amuser avant de travailler!