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Dubé Antoine

Antoine Dubé

Ex-député fédéral
Loisirs et sports, 1970

 

Quand une enveloppe estampillée à Rivière-du-Loup a été livrée sur le seuil de la maison des Dubé, le père a vite compris qu’il perdait une relève à la ferme. Dans son rang de Sainte-Rita, le timide Antoine venait d’obtenir son billet d’entrée pour le paradis terrestre.

« J’étais accepté au Foyer-Patro, à 40 milles de chez nous, pour suivre un programme de préemploi en loisirs, avec des cours de sports, de musique, de théâtre, de cinéma. Je ne savais pas nager ni patiner. Là-bas, il y avait tout ce dont un jeune de 20 ans pouvait rêver. J’étais tombé dans le trèfle, pour emprunter une expression que les agriculteurs utilisent quand ils ont beaucoup de chance », image ce fils de fermier.

En 1968, quand un autobus s’est rempli de militants pour aller réclamer à Québec l’ouverture d’un Cégep à Rivière-du-Loup, il était dedans. Déjà animé d’une grande soif d’autonomie, il a ainsi assisté à la conversion du Foyer-Patro en Cégep, où il a fait partie de la première cohorte.

Entre les loisirs et la politique, il n’y a parfois qu’un pas, qu’Antoine Dubé a fait avec assurance après avoir terminé son baccalauréat en récréologie. Il faisait partie du premier groupe à la maitrise en sciences du loisir à l’Université du Québec à Trois-Rivières quand il a commencé à travailler comme agent de liaison pour le député péquiste et futur ministre Jean Garon.

« Quand on défend une cause, on rassemble des gens, on organise des activités. En politique comme en loisir, la notion de développement est aussi très importante. Qu’on choisisse le développement d’une communauté, d’un village ou d’une nation, c’est une affaire de conviction », estime ce francophile passionné.

À la création du Bloc québécois, en 1990, les organisateurs l’ont sollicité pour ses capacités de rassembleur. Il s’est finalement présenté comme candidat en 1993. Membre fondateur du parti, le récréologue a siégé comme député de Lévis-Bellechasse pendant dix ans. À la Chambre des communes, il a notamment été porte-parole adjoint en matière de Santé.

À 72 ans, Antoine Dubé préside toujours la Société nationale des Québécois et des Québécoises de Chaudière-Appalaches. « Je suis plus nationaliste, mais moins militant. Le grand projet n’est malheureusement pas encore réalisé, mais je continue à promouvoir le nationalisme. Je veux tellement que les Québécois soient fiers d’eux-mêmes. »

Et jusqu’au bout du rang à Sainte-Rita.