1969-2019 home
D'Amour Jean

Jean D'Amour

Ex-politicien et entrepreneur
Sciences humaines, 1983

Sa toute première campagne électorale, Jean D’Amour l’a menée entre les murs du Cégep, alors qu’il briguait un poste à la commission pédagogique. Il l’a remportée et a siégé pendant un an à cette table. Le Louperivois ne le savait pas encore, mais cette élection serait la première d'une longue liste.

Des campagnes, il en aura remporté plusieurs, que ce soit pour le fauteuil de maire de Rivière-du-Loup, qu’il a occupé de 1999 à 2007, ou celui de député provincial, qu’il a réchauffé de 2009 à 2018. Sa dernière élection, il l’aura par contre perdue, coupant court à une longue carrière politique de près de 20 ans.
 
Quand cet ardent fédéraliste s’est inscrit en Sciences humaines, ce n’était pas avec l’ambition de voir un jour son visage sur des pancartes ni d'ajouter les clés d’un bureau de circonscription à son trousseau. Ce fils d’agriculteurs voulait devenir avocat.

À la faveur d’un cours en production radiophonique de 60 heures suivi au Cégep, il a bifurqué sur une autre voie. « La radio CION-FM venait d’ouvrir. J’y ai décroché un poste d’animateur. Ensuite, je suis devenu un employé permanent à CJFP, à la même antenne. Sans que je m’y attende, le Cégep m’a amené à la radio, qui m’a amené ensuite à devenir attaché politique, puis à devenir député et à accéder au Conseil des ministres. Tout s’est enchainé », résume l’ancien ministre délégué aux Transports et à la Stratégie maritime.

Pendant son passage sur la rue Frontenac, le jeune homme a notamment été inspiré par ses discussions avec l’enseignant en philosophie Paul Ruest, « un régionaliste, très ouvert au monde » qui l’a encouragé à trouver ce qu’il aimait : « En entrant au Cégep, je me cherchais beaucoup. En me poussant à la réflexion, mes années collégiales m’ont amené ailleurs. »

Cet étudiant réservé, voire solitaire, s’est ainsi retrouvé à siéger à l’association étudiante. Le président s’appelait alors… Harold Lebel, aujourd’hui député péquiste de Rimouski. « Nos allégeances étaient déjà bien affirmées, ce qui donnait lieu à de vifs débats. Nous avons toujours gardé un profond respect l’un pour l’autre, même quand nous nous sommes retrouvés face à face à l’Assemblée nationale. »

S’il n’a finalement jamais porté de toge ni plaidé en cour — un rêve que son fils a réalisé à sa place —, Jean D’Amour est fier d’avoir réussi à gagner sa vie et à élever sa famille dans sa région natale. Animé par la flamme du développement régional, cet ancien directeur de la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup ne manque d’ailleurs pas de souligner le rôle important qu’a joué le Cégep dans sa communauté. « Le Cégep n’est pas seulement un lieu de passage. Plusieurs étudiants se sont installés ici pour faire carrière ensuite. Rivière-du-Loup ne serait qu’un village si la communauté n’avait jamais milité pour avoir son collège, par lequel elle a ensuite défini son identité », affirme le père de quatre enfants, dont trois ont obtenu leur diplôme sur la rue Frontenac.

Copropriétaire de la Ferme D’Amour avec son fils, l’homme de 55 ans dirige maintenant sa compagnie d’encans, en plus de copiloter une nouvelle agence de communications et de stratégies.

Mais ses pancartes électorales, il les a décrochées pour de bon.