1969-2019 home
Caron François

François Caron

Médecin (interniste)
Sciences de la nature, 2004

Dès l’âge de 11 ans, François Caron nage avec le club des Loups-Marins de Rivière-du-Loup. Sa passion pour ce sport et sa rigueur à l'entrainement le suivront du secondaire à l’université - où il fera partie du Rouge et Or de l’Université Laval pendant deux ans - après avoir fait partie aussi de l’équipe de natation des Portageurs quand il fréquentait le Cégep de Rivière-du-Loup de 2002 à 2004. Il se souvient que les 10 à 15 heures d'entrainement par semaine se sont tout simplement intégrées à sa routine. Il ajoute candidement qu’il n’aurait pas su comment occuper autrement son temps. De la même manière, l’improvisation théâtrale a fait aussi partie de sa vie jusqu’à l’université. Étudier au Cégep de Rivière-du-Loup lui permettait de continuer ses deux passions : « Je n’avais pas de raison de croire que ce que j’aurais ici serait moins bon qu’ailleurs dans un autre cégep. J’avais l’impression de pouvoir m’accomplir pleinement ici dans le sport, l’impro et mes études. »

En 2002, il est entré en Sciences de la nature et la routine s’est poursuivie. Il raconte avoir été « probablement un peu partout en même temps » puisqu’il a enchainé les matchs d’impro, les entrainements et compétitions tout en réussissant très bien d’un point de vue scolaire. Il avoue qu’il était un cégépien plutôt distrait, distrait au point d’oublier, par exemple, d’apporter son maillot à une compétition. De l’extérieur, on pourrait croire que ces égarements auraient pu être la conséquence d’un horaire trop chargé. Toutefois, avec le recul, François Caron comprend que c’était en fait une question d’équilibre. Il est d’avis qu’il est crucial d’avoir plusieurs groupes d’amis différents : « C’est comme une chaise : ça prend plusieurs pattes pour être stable. Donc, ça te prend plusieurs gangs pour avoir de bons points d’appui. » À la fin de son parcours collégial, même un peu à son propre étonnement, il a choisi d’effectuer une demande d’admission en médecine à l’Université Laval.

Au début de ses études universitaires, François Caron a été taraudé par un sentiment d’imposteur. Étudiant en Sciences de la nature, il se voyait plutôt chausser les bottes d’un ingénieur plutôt que le sarrau d’un médecin : « La médecine, c’est un choix qui s’est fait sur le tard. Mes matières fortes ce n’étaient pas tant la bio autant que les math, la physique ou même français ou philo. » Ce qui a fait pencher la balance, c’est l’envie de côtoyer l’humain. Pour se débarrasser de ce sentiment, il lui a fallu trois ans. Grâce à sa tante infirmière dans les pays en voie de développement, François a vécu un stage dans les urgences et les soins pédiatriques de Bamako, au Mali. « C’était un stage un peu de suiveux », dit-il en expliquant qu’il observait le travail des internes et des résidents en médecine et en racontant comment il a servi de traducteur pour un chirurgien américain dans une salle d’opération. Il affirme qu’à ce moment sa mémoire fonctionnait « 10 fois plus », qu’il était plus réceptif. Cette expérience l’a convaincu dans son choix de profession : « J’ai retrouvé une espèce de motivation. J’ai compris que c’était un métier universel. Et ça a recadré mes valeurs. » Le sentiment d’imposteur était disparu. 

Après avoir pratiqué à Montréal et en Ontario, François Caron et sa petite famille sont revenus s’établir dans sa région natale, à Rivière-du-Loup. Bien qu’au départ, ce n’était plus vraiment dans les plans d’y revenir, trois ans après leur retour, François affirme ne rien regretter. À l’image de son passage au Cégep, François est partout. Il s’implique comme ambassadeur au sein du Défi Everest et il est possible d’entendre sa prose dans les soirées slam. Par ailleurs, lors de ces soirées de lecture de poésie, le médecin-slameur, autant capable d’émouvoir que de faire rire la foule, a représenté Rivière-du-Loup lors de la finale du Grand Slam à Québec en décembre 2019. L’écriture et la performance du texte sur scène sont des nouveautés dans sa vie : « C’est une forme d’exutoire. Je n’ai pourtant pas le réflexe d’écrire comme d’autres vont tenir un journal, mais j’ai pas mal aimé ça. Peut-être parce que ça m’a permis de renouer avec l’impro, mais dans un contexte un peu plus contrôlé. »