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Boucher Ghislaine

Ghislaine Boucher

Gestionnaire en milieu hospitalier
Techniques infirmières, 1972

Pendant l’été de 1969, la mère de Ghislaine Boucher lui a fait promettre de suivre son cours d’infirmière. Ne saisissant pas la valeur d’un tel serment, la onzième de 14 enfants avait juré. Un peu pour lui faire plaisir.

Le 3 aout 1969, sa mère décédait subitement. Le 9 septembre suivant, comme promis, Ghislaine Boucher entrait au Cégep en Techniques infirmières. « J’ai toujours senti que ma mère m’accompagnait », confie la native de Notre-Dame-du-Portage, qui a connu un impressionnant parcours comme gestionnaire dans le milieu de la santé.

Cette femme empathique, qui a toujours aimé prendre soin des autres, faisait partie de la toute première cohorte d’une quarantaine d’étudiantes (un seul garçon en faisait partie). Le programme offert par le Cégep naissant se distinguait bien sûr de la formation traditionnelle, offrant moins de stages à l’hôpital mais plus de cours de culture générale. Ghislaine Boucher se souvient qu’à son arrivée en milieu de travail, on la regardait d’un drôle d’œil : « Comme nous étions moins axées sur la technique, on nous critiquait un peu. Il est vrai que nous apprenions davantage dans les livres et que nous étions moins préparées à intervenir sur le terrain, mais nous avions une plus grande ouverture sur le monde. Il reste que, même si nous avions d’excellentes enseignantes, tout le monde était en ajustement. Le programme s’est peaufiné avec les années. »

Se décrivant comme une féministe, elle rigole en se rappelant, pour le plaisir de l’anecdote, la deuxième place qu’elle avait raflée au concours Miss Cégep : « Je ne serais plus candidate aujourd’hui, mais ce concours a certainement participé à mon épanouissement. »

 À la finale de Miss Cégep, où elle a terminé deuxième.

À la finale de Miss Cégep, où elle a terminé en deuxième place.


Directrice, professeure et maman

Après son DEC, Ghislaine Boucher quittait la ferme familiale pour aller faire son baccalauréat en Sciences infirmières à Montréal. Elle s’est vite retrouvée dans un fauteuil de gestionnaire à l’hôpital Louis-H.-Lafontaine, avant de devenir directrice adjointe à l’hôpital de soins psychiatriques de Rivière-des-Prairies, où elle a « mesuré toute l’ampleur de la souffrance humaine ».

Tout en continuant à travailler à temps plein, elle a réalisé sa maitrise en administration des soins, toujours à l’Université de Montréal. Son alma mater l’a vite repêchée comme chargée de cours, puis comme responsable du certificat clinique.

La maman de quatre enfants est revenue à Rivière-du-Loup en 1999, lorsqu’elle a décroché le poste de directrice des soins infirmiers au Centre hospitalier régional du Grand-Portage. Elle y est restée jusqu’en 2010. « J’ai pris un grand risque, en quittant la métropole et en déracinant mes deux plus jeunes enfants. Aussi, je suis arrivée ici dans une période d’optimisation. Il a fallu revoir toutes les descriptions de poste pour réussir à épargner 800 000 $ », se souvient celle qui, pendant cette période mouvementée, a aussi siégé au CA du Cégep.

Depuis qu’elle a pris sa retraite, en 2010, Ghislaine Boucher… travaille. À 70 ans, elle enchaine toujours les contrats de gestion pour le CISSS du Bas-Saint-Laurent. Elle a également mené dernièrement un projet d’études pour le ministère de la Santé et des Services sociaux et agit comme évaluatrice de la qualité du service à la clientèle pour Accréditation Canada. « Je ne me vois pas arrêter. Je m’ennuierais trop de la relation avec les gens. J’ai encore soif d’apprendre, comme quand j’avais 17 ans. »

Elle avait alors promis de devenir infirmière. Sa mère doit être bien fière.