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Bouchard Raphaëlle

Raphaëlle Bouchard

Infirmière - Aide humanitaire
Soins infirmiers, 2014

De retour dans votre ville natale, vous faites une rencontre fortuite dans la rue - disons, une amie du primaire. S’en suit habituellement une causerie bien banale: métier, ville de résidence, famille. Toutefois, ce n’est pas exactement ce qu’a vécu Raphaëlle Bouchard, diplômée du Cégep de Rivière-du-Loup en Soins infirmiers. En effet, elle croise une camarade de classe du primaire. La discussion s’enclenche. Elle mentionne son métier : infirmière. Devant ce fait, son amie sourit : elle se souvient d’un des exposés de Raphaëlle sur Médecins Sans Frontières. Celle qui a travaillé avec l’organisme Infirmières de l’humanité raconte qu’elle n’a pu cacher sa surprise: « Ça m’a vraiment fait flipper. Ça m’a fait réaliser que dès le primaire, je n’avais pas encore identifié que je voulais être infirmière, mais je savais déjà que je voulais travailler dans l’humanitaire. »

Bien que la Louperivoise avoue que le choix du Cégep de Rivière-du-Loup était une évidence, elle confirme avoir fait le bon choix en se remémorant les soirées sur l’improvisoire, les Midis réverbères et les Nuits de l’Interdit.

Quant au choix de sa profession, c’est d’abord le désir de voyager grâce à son travail qui l’anime et — c’est un atout crucial — le programme offre la possibilité de faire un stage à l’étranger. Puis, rapidement, au fil de ses cours et stages, elle s’est rendu compte que ce métier lui convenait parfaitement : « Ça rejoint vraiment deux côtés de moi : le côté scientifique et le côté humain. » Son stage à l’étranger, elle l’a fait en Belgique : un des nombreux endroits où elle exercera la profession d’infirmière.

Raphaëlle Bouchard obtient son DEC en 2014 et décide de poursuivre sa formation à l’Université de Sherbrooke. On le devine, l’appel de l’ailleurs se fait à nouveau entendre.

Ça commence par le Guatemala où, avec l’organisme Infirmière de l’humanité, elle et ses collègues forment des femmes afin qu’elles puissent répondre à des besoins de santé de base, les premiers soins et l’implantation de saines habitudes de vie pour pallier le manque de médecins et de cliniques. Ensuite, elle part pour l’Ouganda pour un stage universitaire. Puis, c’est le Pérou, pour participer à des recherches en collaboration avec des OBNL et des chercheurs universitaires locaux sur l’anémie ferriprive, une préoccupation majeure en santé publique. Enfin, elle visite la Nouvelle-Zélande afin de prendre part à la 23e Conférence mondiale de l’UIPES sur la Promotion de la Santé pour présenter les résultats de ses recherches.

Une interrogation logique s’en suit : où se trouve-t-elle aujourd’hui ? La réponse : au Nunavik, là où elle raconte avoir vécu son plus grand choc culturel. Raphaëlle Bouchard exerce dorénavant son métier dans un dispensaire, établissement qui permet de desservir les communautés plus éloignées sur le territoire. Dans le cadre de cette fonction, elle doit être autonome et acquérir de nouvelles compétences : « Tu auscultes, tu dois savoir reconnaitre visuellement les complications [sans analyses biomédicales ou radiographies]. Ça demande plus de connaissances. »

La jeune femme repousse toujours ses limites. D’ailleurs, elle continue de suivre des cours universitaires à distance. Devant votre étonnement, elle risque de vous répondre en riant : « J’ai une soif de connaissance que je dois toujours abreuver, disons. »