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Bouchard Émilie

Émilie Bouchard

Chercheuse en microbiologie vétérinaire
Sciences de la nature, 2008

Imaginez-vous une toute petite île enneigée. Vous avez le sentiment d’être au milieu de nulle part, puisque, vous êtes entouré par une immensité blanche. Vous perdez tous vos repères. Puis, vous remarquez l’absence — d’abord troublante, puis apaisante — de bruits. Il s’agit du décor de East Bay Island dans le nord du Canada. Ce sont les mots que prend Émilie Bouchard pour décrire cet espace, qui occupe une place privilégiée dans son cœur. Elle y est allée alors qu’elle participait à un projet de recherche en 2012. Depuis, elle a eu la piqûre pour cet espace et pour les animaux qui le peuplent.

Émilie Bouchard est maintenant chercheuse au doctorat : elle vient d’ailleurs de remporter la prestigieuse bourse W. Garfield Weston, qui soutient les travaux d’étudiants aux cycles supérieurs dont les sujets de recherche portent sur le Nord canadien. Celle qui étudie maintenant en microbiologie vétérinaire a d’abord fait des études en médecine vétérinaire. « Pour moi, la pratique, ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait vraiment. Alors, je me suis expatriée pour aller chercher de l’expérience de recherche et en faune. » Celle qui admet s’être demandé pendant ses cinq années d’études à St-Hyacinthe si elle n’aurait pas été mieux en biologie affirme qu’elle y a acquis des outils intellectuels dont elle ne pourrait se passer dans son métier actuel.

Diplômée en Sciences de la nature du Cégep de Rivière-du-Loup en 2008, Émilie Bouchard se décrit comme une étudiante un peu réservée. Elle ajoute en rigolant qu’elle a passé pas mal de temps à la bibliothèque. Au fil de ses études collégiales, elle a tissé des liens sincères avec des gens qu’elle compte encore à ce jour parmi ses proches amis. Il faut dire que le Cégep de Rivière-du-Loup, elle le connaissait bien. Elle dit même en avoir des souvenirs dès sa tendre enfance puisque son père y a enseigné la biologie et la chimie. Qui plus est, la chercheuse se dit convaincue qu’une partie de cet intérêt pour la médecine vétérinaire lui vient de son père. « Il me montrait tous les noms des animaux, des plantes. Dans ma famille, on était proche de la nature aussi. »

L’attrait particulier de sa recherche actuelle réside dans le « côté humain » qui se distingue de ses recherches précédentes. Son sujet : la transmission du parasite Toxoplasma gondii sur le lynx et le renard. Et l’enjeu va bien au-delà de la santé de la faune : « C’est aussi un enjeu de santé publique. Le but, c’est vraiment de garder la tradition [des communautés locales], mais en faisant de la prévention [auprès d’elles], en montrant les risques que ça peut comporter. » Émilie Bouchard met l’accent sur l’importance d’établir de bons liens avec les communautés qui habitent le territoire du Nunavik, sinon les recherches ne pourraient être menées à bien. Dans son discours, on sent qu’elle admire leurs savoirs ancestraux et leur sens de l’humour. Elle souligne aussi le côté humble que son travail nécessite : « Au début, c’est intimidant de travailler avec tous ces chasseurs et trappeurs. Reste que les projets de recherche se développent en fonction de leurs besoins. » Chaque année, son équipe et elle retournent les visiter pour leur présenter les résultats. Visiblement, pour Émilie Bouchard, c’est important de redonner.

Si l’on peut s’imaginer que l’horizon du Nord canadien est vaste et imperceptible, celui qui se dessine devant Émilie Bouchard semble mieux se définir : elle désire continuer de travailler dans un environnement multidisciplinaire avec des collaborateurs de champs d’études divers et aussi poursuivre les interventions qui soutiennent le bien-être des gens.

À n’en point douter, l’horizon devant Émilie Bouchard est sans limites.