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Bossé Réal

Réal Bossé

Comédien et scénariste
Électrodynamique, 1982

Il a réussi à nous faire croire qu’il était un policier dans la mémorable série 19-2. Il a réussi à nous faire avaler qu’il était un robot dans la franchise-culte Dans une galaxie près de chez vous. Mais pourriez-vous croire que Réal Bossé est technologue en électrodynamique? Et ce n’est même pas de la fiction…

Même s’il n’a jamais détenu ses cartes professionnelles, le comédien a bel et bien obtenu son DEC en électrodynamique au Cégep de Rivière-du-Loup, dans l’intention de devenir ingénieur. Son passage au collégial l’aura toutefois aiguillé vers une tout autre carrière, qu’il n’aurait jamais imaginée quand il trayait les vaches, récoltait les patates et réparait des tracteurs sur la ferme familiale à Rivière-Bleue.

« Le Cégep a été un déclencheur pour l’homme que je suis devenu. J’y ai rencontré les livres, le théâtre, la philosophie. J’ai vécu mes premières amours, avec mon métier et… avec une étudiante en Graphisme. J’ai développé mon esprit de fraternité, ma joie de vivre, mon respect des autres. J’ai découvert la liberté. Ce fut la plus belle période de ma vie », déclare sans ambages l’acteur de 51 ans.

Pendant son enfance, Réal Bossé aimait bien se donner en spectacle devant ses 13 frères et sœurs, reprenant les soliloques d’Yvon Deschamps ou de Sol. Avant de débarquer dans « la grande ville » à 17 ans, il ignorait toutefois qu’on pouvait gagner sa vie en jouant des personnages. « C’est l’enseignant en français Marc Dunlay qui m’a mis le théâtre en tête. On lisait des textes en classe, on montait des pièces. On avait notamment joué La charge de l’orignal épormyable, de Claude Gauvreau. Je tripais tellement que je délaissais tranquillement mes cours. Ce n’est pas pour rien que j’ai pris quatre ans pour faire mon DEC! »

La naissance d'un improvisateur

Membre de l’équipe de basketball des Portageurs, le grand gaillard a également participé à l’éclosion de la troupe d’improvisation. « En revenant du gymnase, j’étais tombé par hasard sur cette gang qui rampait par terre et faisait des simagrées dans un local habituellement vacant en face de L’Hexagone (l’ancien café étudiant). Curieux, je m’étais assis au bord de la porte. On m’a invité à jouer et depuis, je n’ai jamais arrêté », se souvient le membre émérite de la LNI, qui cumule aujourd’hui plus de 1000 improvisations en 22 saisons.

Le courant a tellement bien passé entre Réal Bossé et le Cégep qu’une fois son papier en poche, il s’est fait embaucher comme directeur technique du Centre culturel et entraineur pour les Portageurs. Deux ans plus tard, il écoutait sa petite voix et partait à Montréal, où il a fait son baccalauréat en art dramatique à l’UQAM, au grand désespoir de son père qui lui avait trouvé un emploi chez Bombardier, à La Pocatière. « Chez nous, on était dans la subsistance. Les passions, ça servait à meubler les dimanches après-midi de pluie! Quand ils m’ont vu à la télé pour la première fois, mes parents ont compris que j’arriverais à gagner ma vie avec ma passion. »

Une histoire d'humain

Trente-cinq ans plus tard, le récipiendaire de quatre prix Gémeaux et d’un Jutra se démultiplie toujours sur les planches, à la télé et au cinéma. Au cours des derniers mois, il a participé aux tournages du premier film québécois produit par Netflix, de la dixième saison de la comédie à sketchs LOL et des nouveaux épisodes des séries Clash et File d’attente.

« Ce qui me passionne dans mon métier, c’est de raconter des histoires d’humains à d’autres humains et d’essayer de changer le monde, une scène à la fois », conclut ce fan fini de Shakespeare, qui développe en parallèle cinq projets pour la télé.

Son plan B en électricité, il ne devrait pas avoir besoin d’y toucher…